Vous voulez évoluer au sein même de l'entreprise ? Changer d'entreprise ? Changer de métier en restant dans la même entreprise ? Ou créer votre propre entreprise ?
Pour mieux définir votre projet professionnel et rendre votre recherche la plus efficace possible, vous devez suivre un certain nombre d'étapes :
INTERVIEW
"On amène les salariés à s'interroger sur leur projet et nous les accompagnons pour cela !"
Un conseiller en mobilité professionnelle au Fongecif de Lorient nous explique le rôle joué par cet organisme. Il formule également quelques conseils à destination des salariés qui souhaite évoluer dans l'entreprise ou se reconvertir.
Pouvez-vous tout d'abord nous rappeler ce qu'est le Fongecif ?
Conseiller Fongecif : Fongecif signifie Fonds paritaire interprofessionnel de gestion du congé individuel de formation. Il s'agit donc d'un organisme paritaire géré par les partenaires sociaux (organisations d'employeurs et organisations syndicales de salariés). Le Fongecif est un Opacif (Organisme paritaire agréé au titre du congé individuel de formation) parmi d'autres. Notre organisme s'adresse aux salariés du secteur privé. La mission principale du Fongecif consiste à accueillir, accompagner et financer les salariés qui ont un projet de mobilité. Pour savoir de quel Opacif il dépend, un salarié peut se renseigner auprès de son service du personnel, consulter la convention collective de l'entreprise
Donc si un salarié s’interroge pour mener à bien un projet professionnel, vous pouvez être son premier interlocuteur ?
C.F : Absolument. Les salariés que nous rencontrons expriment en général une envie très forte d'évoluer professionnellement soit en quittant leur emploi soit en réfléchissant à une formation. Notre rôle est d'abord de les amener à s'interroger sur les éléments constitutifs de leurs démarches, et à repérer les étapes utiles à la mise en œuvre de leur projet. A ce stade, toute idée en soi est bonne et ce, sans exclusive de réflexion vers les métiers dits « en tension ». On amène chaque porteur de projet à explorer son idée pour s’assurer qu’elle ne relève pas de la lubie et pour vérifier que les contraintes de sa mise en œuvre ont été prises en compte. Par exemple, j'ai en tête le souvenir d'une salariée qui rêvait d'être agent immobilier. Son argumentation était à ses yeux convaincante jusqu'au moment où elle a découvert les horaires de travail. Ayant des enfants en bas âge et un mari, travailleur de nuit, quittant le domicile à 17 heures, elle s'est aperçu qu'elle ne pourrait être disponible pour ses clients passé cet horaire ! Il est en effet nécessaire de se poser les bonnes questions avant de s’engager. L’argumentation du projet par le salarié fait d’ailleurs partie intégrante d’une demande de financement et tient toute sa place dans la décision de la commission paritaire d’apporter ou non son soutien financier.
Votre rôle de conseil et d'accompagnement est donc primordial ?
C.F : C'est effectivement une grande partie de notre travail. Nous invitons les salariés à distinguer trois grandes étapes : l’élaboration du projet, la sélection d’une offre de formation, et le montage financier du parcours retenu. Nos échanges sont couverts par la confidentialité, tout ce qui est dit au conseiller reste dans les locaux du Fongecif !
Lors des premiers contacts, nous luttons souvent contre l'effet "iceberg". A ce stade, les salariés ont souvent une vision partielle et idéalisée du métier qu'ils veulent pratiquer. Nous les aidons à confronter leur attrait pour un métier et la réalité. Il arrive également que les gens souhaitent partir de leur emploi mais sans savoir que faire d’autre. Nous pouvons alors leur proposer d’entreprendre un bilan de compétence sur trois mois (24 heures étalées dans le temps) pris hors temps de travail (ou sur temps de travail sans perte de rémunération). De même nous pouvons proposer à ceux qui souhaitent évoluer un congé Validation des acquis de l'expérience (VAE). Une très bonne manière pour ces personnes de voir leur expérience au sein même de l'entreprise, reconnue par un diplôme, une certification. Le Fongecif Bretagne développe une initiative assez originale : l'accompagnement création ou reprise d'entreprise. Réalisée hors temps de travail (démarche totalement confidentielle), cette démarche séduit chaque année environ 200 personnes. Une initiative couronnée de succès car les créateurs que nous accompagnons affichent un taux de pérennité à quatre ans de 70 %.
Une fois le projet élaboré, la formation peut-elle débuter ?
C.F : Si la formation est nécessaire à la mise en œuvre du projet nous amenons le salarié à choisir un parcours de formation. En contactant divers organismes il retiendra une proposition de formation (devis : durée, coût, planning). Intervient ensuite une autre étape : celle du financement. S’il souhaite changer d’orientation, le salarié se tournera vers nous pour solliciter le financement d’un Congé individuel de formation (Cif : maximum un an ou 1200H en discontinu) en respectant les délais de mise en œuvre et de demande d’autorisation d’absence à son employeur. Ceci lui permettra, en cas de prise en charge, de bénéficier du maintien de sa rémunération, d’une aide au coût de la formation, et le cas échéant d’une aide à la mobilité pour se rendre en formation.
S'il s'agit d'une évolution dans l'entreprise, et avec l'accord de la hiérarchie. Il pourra envisager de cofinancer son parcours avec l’aide conjointe de son entreprise et du Cif.
Rappelons aussi qu’à certaines conditions un ex-salarié en Cdd peut aussi bénéficier d'un Cif Cdd. Si son dossier est retenu par la commission paritaire, il disposera durant la formation d’une rémunération égale à 100% de son ancien salaire. C'est beaucoup plus confortable qu'une indemnisation Assédic pour un départ en formation.
J'apporterai une dernière précision concernant le financement : le Fongécif ne dispose pas toujours du budget nécessaire au soutien de tous les projets. En règle générale, il est en mesure de financer 60 % d’entre eux, d'où l'importance d'un dossier parfaitement argumenté et d'un respect absolu des délais.